A venir
Nathalie Dandoy

expo du 11 juin au 3 juillet        

        La terre est bleue comme une orange. P. Eluard

Faits de fines trames de couleurs qui se déclinent, les dessins à l’encre de Nathalie Dandoy nous plongent dans des immensités chromatiques.

De gauche à droite, elle réitère le geste jusqu’à épuisement de l’encre sur son fin pinceau et les traits s’arrêtent, puis reprennent gorgés d’encre, avec des infimes nuances pour combler le vide…et se voient recouverts de nouveaux traits qui se succèdent. Les dimensions chromatiques changeantes se mélangent à l’horizon des petits trais à l’infini. Certains sont rangés, d’autres tendent au chaos mais toujours gardent cette régularité de rythme. Ils sont accompagnés de mots, de pensées écrites, expressions de doutes, de vulnérabilités, qui font partie du dessin. Avec des gestes concis, simples et précis, les mouvements infimes se déploient sur les papiers.

Ces aplats de lignes successives se font parfois à l’aveugle, prises dans une temporalité qui tient au remplissage de la feuille, sur des longueurs de papier variables que l’artiste déroule au fur-et-à mesure. Elle les ré-enroule ensuite, car le dessin ne tiendrait pas tout entier sur sa table, de sorte qu’elle ne voit le résultat final de ses compositions qu’une fois terminé, accroché aux murs. 

L’artiste se nourrit de podcasts, d’émissions culturelles, des pensées récoltées dans ses carnets ou de longs silences méditatifs au cours desquels le geste s’applique à la couleur de sources d’inspirations variées. Il y a aussi les couleurs des vignes à l’automne lors de sa résidence en Bourgogne ou des paysages des Fagnes, des études autour de maîtres de la peinture comme Spilliaert ou van Gogh. Des petits formats, séries quotidiennes qui s’exécutent directement dans des lieux publics, des cafés ou autour du lac. 

Les all over de Nathalie Dandoy sont éminemment patients, méditatifs, en quête incommensurable de liberté . 

« La terre est bleue comme une orange », poétique qui traverse de long en large sa démarche, vers la beauté, miroir de l’univers, de l’instant qui est trait, union dans le regard des infinies répétitions de gestes qui nous renvoient aux mystères qui habitent le monde. Dans ses dessins comme chez Éluard, la terre est céleste.