Actuellement

Pascale Simonet

vernissage 26 avril 15-18h

26 avril au 31 mai 2026

« L’air est plein de cris, mais l’habitude est une grande sourdine » 

Samuel Beckett

Avec ces mots de Samuel Beckett, Pascale Simonet nous introduit à sa recherche: rendre perceptible ce qui, en nous, auprès de nous, demeure inaudible.

Attentive à l’impact des mots, à leur musique autant qu’à leurs silences, elle explore ce qu’ils portent, ce qu’ils dévoilent malgré eux, et s’intéresse à cette part qu’ils échouent toujours à dire. Mots clairs ou murmurés, qui émerveillent, qui blessent, qui parfois manquent cruellement. Ou ceux, plus secrets, qui hurlent en silence. Son travail s’inscrit dans cet espace fragile où langage et sensation s’enroulent et se dérobent l’un à l’autre.

Au cœur de son travail se déploient des territoires mouvants, instables, qui prennent racine dans le corps « obscur et intranquille », traversé d’élans, d’incertitudes et de failles. Ces paysages ne décrivent pas : ils émergent. Ils apparaissent comme des traces sensibles d’états, de tensions, de souvenirs ou de perceptions fugaces.

Une attention particulière est également portée à la féminité, la sienne : une présence mouvante, intime, parfois lumineuse, parfois inquiétante, que le langage ne parvient jamais tout à fait à fixer.

L’œuvre se nourrit aussi d’une conscience aiguë de la fragilité des êtres et des choses. Leur beauté semble naître de leur disparition inévitable. C’est dans cette tension entre présence et effacement que se déploie son travail artistique. Le processus de création relève d’une dérive maîtrisée : partir d’un souffle, d’un presque rien, laisser advenir les tremblements du sens. Se tenir au bord, dans un espace de vacillation. Accueillir l’angoisse, ses amplitudes variées entre chute et envol. Entre abandon et élan, il s’agit de rester au plus près de ce qui affleure.

Sur le papier ou sur la toile viennent alors se déposer des traces : souvenirs, rêves, impressions fugitives. De cet entrelacs surgissent des paysages qui ne cherchent pas à représenter le monde, mais à en révéler les résonances intérieures. L’équivoque y est préservée, afin de laisser ouvertes les voies de lecture, de regard et de sensation. Ce voyage, sans destination définie, donne lieu à des œuvres plurielles : dessins, photographies, techniques mixtes, collages, aquarelles et peintures à l’huile. Autant de tentatives de rendre perceptible ce qui, en chacun de nous, persiste à vibrer dans le silence.

 

Programmation 2026

« Faire paysage»

Pour l’année 2026, espace 001 propose une programmation centrée autour de la notion de paysage, envisagée comme suit

Nous avons sélectionné 8 artistes dont les pratiques — ancrées dans des disciplines variées — partagent une préoccupation commune : interroger « ce qui fait paysage, aujourd’hui ». Qu’il suive des dynamiques naturelles ou sociétales, transformé et en perpétuel mouvement, le paysage, loin d’être une simple représentation du monde naturel, serait une construction culturelle, perceptive et historique. Il est une manière de voir, d’habiter et de composer le territoire.

Issu d’une longue tradition occidentale, le paysage naît avec la peinture. Dès la Renaissance, le terme italien paesaggio désigne ce que l’on voit d’un pays à travers une fenêtre, un cadre, un regard. À travers cette médiation artistique, le paysage devient esthétique et symbolique. Ce n’est pas tant la nature elle-même que la manière dont elle est découpée, cadrée, perçue. Un fragment du monde devient paysage lorsqu’il est vu et ressenti comme tel.

Ce cadre implique un double filtre : celui du « pays » — une réalité géographique, sociale et culturelle — et celui du « regard », qui le sélectionne et l’interprète. Ainsi, le paysage n’est jamais donné, il est produit par une histoire, une technique, une émotion.

À partir de cette réflexion, nous avons choisi de poser la question suivante comme point de départ :

« Qu’est-ce qui fait paysage aujourd’hui ? » Autrement dit : à partir de quand un fragment du réel devient-il un paysage ? Quels sont les gestes, les regards, les récits qui participent à cette fabrication ?

Frédéric Fourdinier  8 mars – 12 avril 2026

https://frederic-fourdinier.com/

Pascale Simonet 25 avril – 30 mai 2026

https://www.pascale-simonet.be/

Vincent Delpierre  13 juin – 12 juillet 2026

https://www.instagram.com/delpierrevincent/

Anne Liebhaberg et Bénédicte Davin: « Là », Installation plastique, sonore et performative. Le 30 août 2026 à 16h et 17H30

anneliebhaberg.be

https://benedictedavin.wixsite.com/benedictedavin

Manon Bouvry 13 septembre – 18 octobre 2026

https://www.manonbouvry.com/

Alexandre Christiaens 7 novembre – 20 décembre 2026

https://alexandrechristiaens.com

Marcin Sobolev 7 février – 14 mars 2027

https://www.instagram.com/marcinsobolev/

https://www.marcinsobolev.com/