Espace privé d'expositions d'Art Contemporain

Quatrième volet d’exposition consacrée au féminin/ sacré; une immersion dans le corps, la cellule, la matrice féminine, les organes féminins, qui nous amènent de la manière la plus directe et proche de nous-même à ce mystère, ce noyau capable de donner vie, essence même du féminin / sacré.

Laurence Demaret présente une installation vidéo et une série de pièces en céramique aux couleurs naturelles et multiples comme celles des peaux qui sont réunies sur un support. Révélées par lignes végétales, les formes se sont transformées en vulve (appareil génital féminin externe) pour au final évoquer les formes des coquillages liés à la fécondité et à la vie originelle. Chacune des pièces est unique et l’ensemble forme un hommage à la femme dans toutes ses variations à travers le temps et l’espace. Une vidéo est projetée dans l’espace et plonge le visiteur dans le mouvement perpétuel des vagues. Cette image reliée à la lune et au cycle de la femme, par sa couleur rouge exprime la puissance de la vie. 

Récemment, Sophie Oldenhove part de son expérience de menstruations pour collecter une encre intime, qu’elle utilise pour dessiner sur papier des formes liées à la féminité, à la nature, à la matrice, source de vie. Des plongées dans l’intime. Ses dessins sont comme des couches successives, des membranes superposées. Elle a aussi réalisé un cocon en bois, sorte de matrice enveloppante dans lequel on peut se lover ou sur lequel s’assoir. « Un espace intérieur à protéger, un refuge, une grotte, une enveloppe, un abri, un nid, une zone, une alcôve, un repaire, un intérieur, un chez moi, mon espace, mon utérus, ma bulle » Sophie Oldenhove

Jacqueline Stokart attirée par le trait, que se soit dans ses installations, ses dessins, fait des liens; pour ce projet sur le féminin/sacré, elle présente une installation murale, un blob, espèce d’organisme unicellulaire et des dessins au fusain, graphite et aquarelle autour de la cellule, l’élément de base composant tous les êtres vivants. La cellule plus petite source de vie, désigne un territoire limité par une membrane et éventuellement entourée par une paroi, ce concept l’intéresse biologiquement mais aussi  humainement parlant. Il  sert de prétexte à une recherche qui a pris plusieurs formes plastiques.  Jacqueline Stokart propose une approche du corps dans son organicité, comme un lieu sans conscience perturbée par la culture, libre de tout cliché, juste dans la pulsion première de vie. « Un ultime lieu de liberté dans lequel la forme de la cellule, le noyau, la membrane qui la cerne, la démultiplication, et son éclatement, libère de la représentation de la féminité idéalisée. La cellule comme un lieu qui n’est ni masculin ni féminin mais bien un espace de retranchement dans lequel ce n’est plus le masculin qui crée ; la cellule devenant alors un espace privé à partir duquel le féminin s’invente et se crée » J. Stokart.