Diana Acosta, Benoît Félix, Anne-Sophie Georges

You are currently viewing Diana Acosta, Benoît Félix, Anne-Sophie Georges

du 24 octobre au 15 février 2021

F/ S #1

Pour ce premier volet d’expositions F/S, sont réunis trois artistes qui ont répondus de manière très différentes à la proposition. La jeune artiste Diana Acosta questionne l’acte artistique et le rôle de l’artiste, dans une vidéo où elle se met en scène en pleine crise mondiale de Corona virus. Face à elle, la pratique minutieuse, inlassable, de broderie que présente Anne-Sophie Georges. L’une questionne le rôle de la pratique artistique sans arriver à une réponse absolue, l’autre profite de l’occasion du lockdown pour broder de plus belle. Benoît Félix joue sur l’illusion de l’image, de l’objet montré comme support de sa propre monstration. Ce ne sont pas à proprement parlé des poils ou des fils et pourtant ses oeuvres nous ramènent visiblement à des toisons ou ces zones intimes, presque taboues et dans ce même temps aux normes visuelles et corporelles que nous inflige un regard orienté par des standards dictés par les normes esthétiques dominantes du corps. Les dessins coupés au cutter amènent la possibilité de l’abstraction poétique du corps qui est omniprésent dans toute la démarche de l’artiste, ils deviennent volumes, « incarnés » dans l’espace. Légèreté du trait tiré de bout en bout face à des dessins de formats carrés (Anne-Sophie Georges) qui tendent à s’effacer, évidés par la broderie (sans fil) et qui peuvent faire penser aux reliefs de cartographies imaginaires, ou à des textures minérales. Avec la vidéo de Diana et sa voie suave, on est continuellement appelé dans cette tension palpable à se demander quel est l’impact de ces pratiques, de nos pratiques quotidiennes ? Ces œuvres ne renvoient-elles pas à leur manière à nous demander de repenser une forme d’équilibre; cette intériorité fragile, enfouie, ne serait-elle pas à revisiter? Ce qui tient à un fil aujourd’hui peut être actualisé à travers des rituels ancestraux, comme le rituel du thé de valériane ou le rituel de création artistique car il donne l’occasion au magique d’opérer avec toute sa force.